La question surprend, et pourtant elle est légitime. Depuis 2010, plusieurs modèles de la gamme Mercedes sont équipés d’une motorisation issue du losange. Découvrez dans ce guide quelle Mercedes avec un moteur Renault se cache sous l’étoile à trois branches.
Ce qu’il faut retenir :
| Modèle Mercedes | Moteur Renault | Versions / Détails |
|---|---|---|
| Mercedes Classe A | 1.5 dCi / 1.3 TCe | A160d, A180d / A180, A200 |
| Mercedes Classe B | 1.5 dCi / 1.3 TCe | B160d, B180d / B200 |
| Mercedes CLA | 1.5 dCi / 1.3 TCe | CLA 180d / CLA 180, 200 |
| Mercedes GLA | 1.5 dCi / 1.3 TCe | GLA 180d / GLA 200 |
| Mercedes GLB | 1.3 TCe | GLB 200 |
| Mercedes Classe C | 1.6 dCi | C 180d, C 200d |
| Mercedes Citan | 1.5 dCi / 1.3 TCe | Base Renault Kangoo |
| Mercedes Vito | 1.6 dCi | Versions d’entrée (W447) |
Quels modèles Mercedes sont équipés de moteurs Renault ?
La gamme compacte : classe A et classe B
La classe A (génération W176, puis W177) est la première Mercedes à avoir accueilli un moteur Renault dès 2012. Les versions A 160d et A 180d diesel d’entrée de gamme embarquaient le bloc 1.5 dCi, tandis que depuis 2018, les A 180 et A 200 essence reçoivent le 1.3 TCe co-développé avec Renault.
La classe B suit exactement la même logique. Les versions B 160 CDI et B 180 CDI diesel ont tourné avec ce même 1.5 dCi entre 90 et 109 ch. Sur les générations récentes, la B 200 essence adopte également le 1.3 TCe, un bloc moderne apprécié pour sa sobriété au quotidien.
Les SUV et coupés : GLA, GLB, CLA
Le CLA coupé (C117) et le SUV GLA (X156) ont tous deux proposé une version 180d animée par le 1.5 dCi Renault à 109 ch. Ce moteur diesel permettait à Mercedes de positionner ces modèles compacts à un tarif d’entrée de gamme attractif sans rogner sur la présentation extérieure.
Depuis 2019, le CLA et le GLA de nouvelle génération intègrent le 1.3 TCe essence sur leurs versions 180 et 200. Le GLB 200 rejoint également cette liste. Ces trois modèles partagent ainsi un ADN moteur commun avec plusieurs véhicules Renault du même segment, ce qui simplifie la maintenance pour les professionnels.
La classe C : une présence discrète
Moins connue, la présence d’un moteur Renault sous le capot de la classe C est pourtant réelle. Depuis 2014, la génération W205 a accueilli le bloc 1.6 dCi de Renault, décliné en C 180d et C 200d selon les versions, pour une puissance allant de 116 à 136 ch.
Ce bloc diesel 1.6, plus coupleux que le 1.5 dCi, offrait une réserve de puissance bienvenue dans un véhicule au gabarit supérieur. Mercedes a ici opté pour ce moteur Renault afin de compléter sa gamme diesel sans multiplier les développements internes sur des cylindrées peu stratégiques pour la marque.
Les utilitaires : Citan et Kangoo
Le cas du Mercedes Citan est particulier : il ne partage pas seulement son moteur avec Renault, il partage toute sa plateforme. Lancé en 2012, le mercedes citan est en réalité un Renault Kangoo rebadgé et légèrement retouché côté design. La collaboration entre les deux marques va ici bien au-delà d’un simple échange de mécanique.
Les deux générations du mercedes citan (W415 et W420) s’appuient sur la base du renault kangoo. On y retrouve le 1.5 dCi diesel ainsi que le 1.3 TCe essence selon les versions. Le mercedes vito de génération W447 (2014-2020) a également reçu le 1.6 dCi Renault sur ses variantes d’entrée, aux côtés du mercedes vito plus puissant équipé de blocs maison.
Les moteurs Renault spécifiques présents chez Mercedes
Les moteurs diesel : 1.5 dCi et 1.6 dCi
Le moteur diesel 1.5 dCi est sans conteste le bloc le plus répandu dans les Mercedes concernées. Connu chez Renault sous le code K9K, il est rebaptisé OM607 puis OM608 chez Mercedes. Sa cylindrée de 1 461 cm³ constitue d’ailleurs un indice infaillible pour l’identifier sous le capot d’une Mercedes.
Ce moteur diesel développe entre 90 et 116 ch selon les générations et les versions. Sa consommation tourne autour de 4,1 à 4,5 l/100 km en usage mixte. Le 1.6 dCi (code OM622 ou OM626 chez Mercedes) est quant à lui plus coupleux et mieux adapté aux utilitaires comme le Citan ou au Mercedes Vito, ainsi qu’à la classe C sur autoroute.
Voici un tableau récapitulatif des principaux blocs diesel Renault présents chez Mercedes :
| Moteur Renault | Code Mercedes | Puissance | Modèles concernés |
|---|---|---|---|
| 1.5 dCi (K9K) | OM607 / OM608 | 90 à 116 ch | Classe A 180d, Classe B 180d, CLA 180d, GLA 180d, Citan |
| 1.6 dCi | OM622 / OM626 | 116 à 136 ch | Classe C 180d/200d, Vito, Citan |
| 2.3 dCi | OM699 | 163 à 190 ch | Classe X 220d / 250d |
Les moteurs essence : 1.3 TCe (M282)
Le 1.3 TCe est le fruit d’une collaboration à trois : Renault, Nissan et Mercedes l’ont conçu ensemble à partir de 2018. Chez Mercedes, il est désigné sous le code M282. Ce bloc turbo quatre cylindres essence de 1 332 cm³ développe entre 136 et 163 ch selon les versions, avec un couple disponible dès les bas régimes.
Ce moteur essence équipe aujourd’hui les versions A 180, A 200, CLA 180, CLA 200, GLA 200, GLB 200 et B 200. Il sert également de base thermique aux versions hybrides rechargeables comme l’A 250e ou la CLA 250e. Sa technologie intègre injection directe, distribution par chaîne et filtre à particules essence pour respecter les normes Euro 6d.
Pourquoi Mercedes utilise des moteurs Renault ? L’histoire d’un partenariat
Tout commence à la fin de l’année 2010. Le groupe Daimler et l’alliance Renault-Nissan concluent un accord capitalistique : Daimler prend 3 % du capital de Renault et de Nissan, tandis que les deux alliés entrent à hauteur de 1,5 % dans le capital du constructeur allemand. Ce partenariat stratégique franco-allemand a un objectif clair : mutualiser les coûts de développement sur les petites cylindrées.
Mercedes et Renault ont chacun une carte à jouer dans cette alliance. La marque allemande manque de petits moteurs compacts et économiques pour ses modèles compacts d’entrée de gamme. Renault, expert des blocs de faible cylindrée, fournit cette expertise. Cette collaboration a duré une décennie, de 2011 à l’amorce du virage électrique, avec des blocs essence et diesel partagés à grande échelle.
Comment savoir si votre Mercedes a un moteur Renault ?
Identifier le moteur par le numéro d’identification du véhicule (VIN)
Le VIN, ou numéro d’identification du véhicule, est gravé sur une plaque visible dans l’encadrement de porte côté conducteur. Ce numéro de 17 caractères permet à tout concessionnaire Mercedes de déterminer avec précision la motorisation de votre voiture, y compris son origine. C’est la méthode la plus fiable et la plus rapide.
Le VIN renseigne notamment sur la génération du moteur monté en usine. Un concessionnaire ou un garage équipé d’un outil de diagnostic Mercedes peut croiser ce numéro avec la base de données constructeur. Vous n’avez pas besoin d’ouvrir le capot pour avoir la réponse : quelques secondes suffisent avec le bon outil de lecture.
Repérer les signes distinctifs sous le capot
Un coup d’œil sous le capot peut suffire pour identifier l’origine d’un moteur Renault dans votre Mercedes. Le cache-culasse porte souvent des marquages techniques spécifiques. Sur les blocs diesel, la cylindrée de 1 461 cm³ signe systématiquement un 1.5 dCi d’origine Renault, quoi que Mercedes ait inscrit sur la carrosserie.
Les autocollants d’entretien présents dans le compartiment moteur peuvent également indiquer des spécifications d’huile conformes aux standards Renault plutôt qu’aux préconisations Mercedes classiques. Sur certains blocs accessibles, des références techniques estampillées Renault restent visibles malgré le rebadging effectué par le constructeur allemand.
Les informations clés sur la carte grise
La carte grise contient des données précieuses pour identifier votre motorisation. La case P5 indique parfois le code moteur. Un code commençant par K9K correspond au diesel 1.5 dCi Renault, tandis que H5Ft ou H5Ht signale le 1.3 TCe essence. Ces codes sont ceux utilisés par Renault, parfois repris tels quels dans les documents officiels du véhicule.
Mercedes utilise également sa propre nomenclature : OM608 pour le diesel 1.5 dCi et M282 pour le 1.3 TCe essence. Si votre carte grise affiche l’un de ces codes, vous roulez avec un moteur d’origine Renault. Pour les modèles 180d et 200d, la dénomination commerciale ne reflète pas forcément la marque du moteur, d’où l’importance de vérifier ces codes directement.
Fiabilité des moteurs Renault dans les Mercedes : notre avis objectif
La fiabilité de ces blocs est globalement satisfaisante, à condition d’entretenir correctement la mécanique. Le 1.5 dCi affiche un taux de fiabilité de 92 % après 100 000 km selon les données disponibles, avec de nombreux propriétaires dépassant les 250 000 km.
Le 1.3 TCe essence, plus récent, montre lui aussi une robustesse convaincante, bien que quelques points méritent une vigilance accrue sur la pompe à eau et les bobines d’allumage. Ces blocs Renault restent fiables à condition de respecter les intervalles de vidange, de surveiller le filtre à particules en usage urbain et de ne pas négliger le niveau d’huile sur le moteur essence.
Impact sur la valeur de revente d’une Mercedes avec moteur Renault
La présence d’un moteur Renault sous le capot d’une Mercedes peut légèrement impacter la cote à la revente, notamment auprès des acheteurs les plus avertis. Sur le marché de l’occasion, certains acquéreurs perçoivent ces modèles comme des Mercedes moins authentiques et peuvent négocier le prix à la baisse.
Ce phénomène touche davantage les versions diesel d’entrée de gamme que les modèles essence 1.3 TCe, dont l’image est moins clivante du fait de la co-conception avec Mercedes. En pratique, la décote reste modérée si le véhicule dispose d’un historique d’entretien complet et d’un kilométrage cohérent avec l’âge du véhicule.
Foire aux questions : tout savoir sur les moteurs Renault chez Mercedes
Est-ce que la présence d’un moteur Renault dévalue une Mercedes ?
Légèrement oui, surtout en diesel sur les modèles d’entrée de gamme. Un entretien rigoureux limite cet impact sur la cote à l’occasion.
Quelle est la durée de vie moyenne d’un moteur Renault dans une Mercedes ?
Avec un entretien régulier, ces blocs atteignent facilement 200 000 à 250 000 km, parfois davantage pour le 1.5 dCi diesel.
Quels sont les problèmes les plus courants rencontrés ?
Pompe à eau, encrassement EGR sur les diesel, bobines d’allumage et injecteurs sur le 1.3 TCe essence sont les points de vigilance principaux.
Faut-il privilégier un moteur Renault ou un moteur 100 % Mercedes ?
Pour un usage quotidien et des coûts maîtrisés, ces blocs Renault conviennent très bien. Pour un choisir un modèle aux performances et à la longévité maximales, les blocs 100 % maison restent la référence.